CONFINEMENT : LA LETTRE OUVERTE D’UNE CITOYENNE, MERE DE FAMILLE ET ENSEIGNANTE

13 juin 2020

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enfants confinement

 

Lettre d’une citoyenne, mère de famille et enseignante,
qui n’est ni extrémiste, ni complotiste !

Aujourd’hui notre démocratie est morte. Ou peut-être le vendredi 13 mars 2020 à 16h30.

Sans délai de réflexion, il fallut trouver les mots pour tenter d’expliquer à notre enfant la fermeture soudaine de son école. Il ne verrait plus son enseignant ni ses camarades avant longtemps. Il ne pratiquerait plus son activité sportive ni aucune autre activité en lien avec autrui. Il ne verrait plus certains membres de sa famille. A défaut de jardin, il aurait le droit de marcher 60 minutes par jour à l’extérieur, sur du goudron. L’intention de protection avait un étrange goût de sanction.

Un virus justifiait cette décision imposée dans l’urgence. Urgence sanitaire ou dictature de l’urgence ? Le fait est que la vie se figea brutalement, à l’image de Pompéi sous les cendres.

La catastrophe était virale. Ensevelis sous des nuées toxiques invisibles, il nous restait un enchevêtrement de sentiments divers et la lumière d’un ordinateur messager de nouvelles anxiogènes et incohérentes.

Au cœur du chaos, comment rassurer l’enfant qui assiste à la dislocation de son univers ? Comment le convaincre du bien-fondé d’une prescription étatique que l’on pressent nuisible à son esprit, nuisible à sa santé physique, nuisible à sa liberté fondamentale ?

En quelques heures, le vide et le silence s’imposèrent sans obstacle en tous lieux, chevauchant des contrées dociles, animées essentiellement par le passage régulier du bleu gendarme et par le vol scrutateur des hélicoptères.
Notre société est libre. A tel point que nos enfants se retrouvèrent cloîtrés chez eux, fauchés dans leur élan, dans leur apprentissage, dans leur relation aux autres.

Cependant, un concept salvateur fit irruption au sein du marasme : celui de la « continuité pédagogique ». Grâce à la technologie, le bon déroulement de la scolarité serait assuré. La présence réelle du pédagogue prit un caractère suranné tandis que l’école numérique, couronnée de lauriers, fit une entrée triomphale dans nos vies. La lutte quotidienne pour limiter l’exposition des enfants aux écrans devint obsolète face à l’apologie du virtuel.

On tue au nom de Dieu. Au nom de la santé, les enfants ont subi un enfermement physique et moral pendant deux mois. A présent, l’État leur propose de réintégrer une école vidée de sa substance, réduite à un protocole sanitaire digne d’un régime pénitentiaire.

Alors que la vie s’exprime à nouveau dans les rues et sur les chemins à l’issue de longues semaines de séquestration, les enfants devraient quant à eux fréquenter un milieu scolaire à l’odeur carcérale, dépourvu d’humanisme et d’échanges féconds.

Dans cette logique infernale, nous sommes invités à effectuer nos réservations pour les grandes vacances d’été afin de relancer l’industrie du tourisme. Notons que quelques jours auparavant, nous étions menacés de mort et que le moindre de nos déplacements était jugé dangereux.

Des marionnettistes machiavéliques ont élaboré pour nous cette pièce de théâtre cauchemardesque dans laquelle nos libertés fondamentales sont bafouées de manière méthodique et consciencieuse.

Par la mise en place de pratiques d’hygiène obsessionnelles, par l’instauration d’une multiplicité d’interdictions absurdes, par le fait d’imposer l’immobilisme et l’autocontrôle à de jeunes êtres pleins de spontanéité, par la répression des mouvements naturels et la prohibition d’approcher les autres considérés comme des dangers potentiels, par la création d’un climat délétère au cœur même de l’École qui demande de la douceur et de la bienveillance, l’État a blessé nos enfants dans leur dignité. Avec un aplomb effroyable, il a enfreint la Convention internationale des droits de l’enfant.

Selon l’article 28 , « Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit appliquée d’une manière compatible avec la dignité de l’enfant en tant qu’être humain. » Le protocole sanitaire imposé aux écoliers est, de manière flagrante, incompatible avec le respect de leur dignité. Il offense également les enseignants qui sont obligés d’agir à l’encontre de leurs valeurs.

D’après l’article 29, les États parties conviennent que l’éducation doit viser à « inculquer à l’enfant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales » et à « préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre ». Comment l’État français, dont le sens de l’action est profondément liberticide, peut-il prétendre à cela ?

C’est également la dignité de chaque homme et de chaque femme de ce pays qui a été violée dans l’exigence de soumission à un diktat sanitaire. En brandissant l’argument fallacieux de la protection collective, l’État a fait de nous ses pantins avec une facilité glaçante.

Parallèlement, la parole médiatique s’est adonnée à la désacralisation des individus, faisant pleuvoir quotidiennement des chiffres aléatoires qui formaient une sorte de package des cas de contamination et des décès. Noyés dans une tonalité catastrophiste, les vivants et les morts n’avaient pas davantage de réalité que les personnages d’un jeu vidéo.

Derrière le masque de la raison et de la logique, le visage de la folie est apparu. Et c’est précisément ce visage monstrueux qui doit nous faire peur et réveiller notre conscience pétrifiée. Doté d’une large gueule à l’instar d’une Gorgone, il postillonne des formules et des slogans dogmatiques hautement contagieux. Contaminés en nombre, les individus succombent à ce que Eugène Ionesco appelait la « rhinocérite » : une métamorphose abjecte de l’être par l’idéologie.

L’auteur de la pièce Rhinocéros avait lancé un cri d’alarme face au phénomène de contagion mentale dans un monde en proie au délire. Un tel cri trouve un écho puissant aujourd’hui. Aux « rhinocéros » se sont substituées des silhouettes masquées – même en forêt (!) – à l’allure robotisée, commandées par la peur et obsédées par la désinfection. Dépourvues d’empathie, certaines sont prêtes à éliminer, au moyen d’une arme virtuelle, tous ceux qui sur leur chemin représenteraient une menace hypothétique.

Au lieu de combattre le monstre totalitaire, notre société l’alimente – que ce soit de manière volontaire ou involontaire – et manque ici à son devoir de désobéissance civile.

Extrait de l’acte III de Rhinocéros :
DUDARD
Mon devoir est de ne pas les abandonner, j’écoute mon devoir.
BÉRENGER
Au contraire, votre devoir est de… vous ne connaissez pas votre devoir véritable… votre devoir est de vous opposer à eux, lucidement, fermement.

Pour lutter contre l’épidémie idéologique qui submerge et pervertit l’humanité, il faut ranimer notre souffle profond atteint par l’asphyxie, rallumer notre lucidité aveuglée par l’obscurité d’un spectacle macabre, raviver notre capacité de révolte paralysée par la peur, renouer avec l’esprit des Lumières piétiné par un système politique pervers.

Aujourd’hui, la patrie des droits de l’homme est sous emprise. Elle ne peut plus bouger, elle ne peut plus penser, elle ne peut plus s’exprimer librement. Assujettie au contrôle de l’État, qui arbore avec orgueil un costume de bienfaiteur, elle attend l’intervention salvatrice de citoyens libres-penseurs. Masquée sous l’effondrement des principes et des idéaux issus du siècle des Lumières, elle peine à respirer.

Face au mal, Hannah Arendt nous invite à la distanciation : « Le mal est un phénomène de surface. Nous résistons au mal en refusant de nous laisser submerger par la surface des choses, en nous arrêtant et en réfléchissant. »

Arrêtons-nous et regardons simplement autour de nous. En faisant cela, nous constaterons que la réalité ne coïncide pas avec le tableau apocalyptique brossé par l’État et les médias. Il nous appartient de sortir de la vision terrifiante qu’ils cherchent à nous imposer. À moins que nous aimions notre servitude.

Si nous désirons véritablement défendre notre humanité, nous devons faire volte-face et ne plus accepter de servir le mensonge et l’injustice. Pour cela, notre résistance aux lois iniques, intrusives et répressives, qui nous sont imposées par une autorité extérieure, est nécessaire. Car « il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. (…) La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes, et par l’effet du respect qu’ils lui témoignent les gens les mieux intentionnés se font chaque jour les commis de l’injustice. » (Henry David Thoreau, La Désobéissance civile)

Libérons-nous de l’emprise en osant dire « non ». Révoltons-nous pour défendre ce que nous sommes.

Extrait de L’homme révolté d’Albert Camus :
« Le mouvement de révolte s’appuie sur le refus catégorique d’une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d’un bon droit (…). »

Nous sommes en droit de nous déplacer, de sortir de notre foyer, « d’aller dans le monde et de rencontrer d’autres gens en actes et en paroles » (Hannah Arendt, La crise de la culture), à moins que nous risquions d’être réduits en miettes par une attaque nucléaire ;

Nous sommes en droit de respirer de l’oxygène et non notre propre dioxyde de carbone sous un masque inutile dans la vie quotidienne ;

Nous sommes en droit d’accéder à une parole journalistique vraie, intelligente, constructive au lieu d’une parole médiatique biaisée, tombée sous la coupe de l’État ;

Nous sommes en droit de privilégier une médecine respectueuse du corps et de l’esprit par opposition à une médecine gangrenée par les lobbies pharmaceutiques ;

Nous sommes en droit de veiller personnellement sur notre santé et de nous opposer – quel que soit le contexte – à toute ingérence sanitaire ;

Nous sommes en droit de résister aux tentations émanant d’une Science qui se prend pour Dieu en inondant le monde de prétendus remèdes « salvateurs » ;

Nous sommes en droit d’exercer notre esprit critique et de contester les décisions absurdes et dogmatiques qui pourrissent l’éducation, la santé, le travail ;

Nous sommes en droit de défendre notre intégrité physique et spirituelle face aux attaques commises par le pouvoir politique au nom du bien et de la protection.

Cessons d’avoir peur d’un pouvoir illégitime et gardons à l’esprit la phrase de Montesquieu : « Tout pouvoir sans bornes ne saurait être légitime, parce qu’il n’a jamais pu avoir d’origine légitime. »

NOUS SOMMES LE POUVOIR.
Incarnons le peuple citoyen « noble, beau et grand » guidé par la Liberté.

ELENA LE CLÉZIO 

source :

https://covidinfos.net/covid19/revolte-la-lettre-ouverte-dune-citoyenne-mere-de-famille-et-enseignante/1260/

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